Sureau · Plante médicinale · Infusanté
Plante médicinale · Respiratoire & Diaphorétique

Sureau

Sambucus nigra L. · Adoxaceae
Sambucus nigra - Sureau noir - photographie botanique
Photo : Willow · Wikimedia Commons · CC BY-SA 2.5

Le sureau noir (Sambucus nigra) est un arbuste de la famille des Adoxaceae, commun dans les haies et les sous-bois d'Europe. En phytothérapie, il faut distinguer clairement la fleur (Sambuci flos) et le fruit (Sambuci fructus) : ils ne disposent ni du même statut réglementaire, ni du même niveau de preuve. L'EMA reconnaît la fleur en usage traditionnel pour le soulagement des premiers symptômes du rhume. Les baies, quant à elles, ont fait l'objet de plusieurs essais cliniques sur les infections respiratoires, mais l'EMA n'a pas adopté de monographie européenne pour le fruit.

✦ En bref

Nature

Arbuste de la famille des Adoxaceae, commun en Europe.

Parties utilisées

Fleurs séchées ; baies mûres correctement cuites ou transformées.

Constituants étudiés

Flavonoïdes (fleurs), anthocyanes (baies), acides phénoliques.

Prudence essentielle

Ne pas confondre fleur et fruit. Les fruits crus/non mûrs et certaines parties végétatives nécessitent des précautions de préparation.

🌿 Identification botanique

Nom botanique

Sambucus nigra L.

Famille

Adoxaceae (anciennement Caprifoliaceae).

Parties utilisées

Fleurs séchées ; baies mûres correctement cuites ou transformées.

Habitat

Haies, lisières, sous-bois, terrains frais (Europe, Asie occidentale, Afrique du Nord).

Récolte

Fleurs : mai à juin. Baies : août à septembre, bien mûres.

Profil sensoriel

Fleurs : odeur douce et parfumée. Baies cuites : saveur acidulée.

📜 Tradition & matière médicale

Le sureau est utilisé depuis l'Antiquité dans les traditions européennes. Il occupe une place importante dans la médecine populaire, notamment pour les contextes hivernaux et respiratoires.

Les fleurs étaient traditionnellement employées en infusion, et les baies cuites ou transformées dans différentes préparations.

L'EMA reconnaît un usage traditionnel des fleurs de sureau pour le soulagement des premiers symptômes du rhume, chez l'adulte et l'adolescent de plus de 12 ans. Cette reconnaissance repose sur l'ancienneté d'usage et la plausibilité de l'effet, et non sur des essais cliniques suffisants pour établir un usage bien établi. La monographie adoptée demeure actuellement la révision 1. Une révision 2 est en cours : l'appel à données scientifiques s'est terminé le 31 mai 2024 et un addendum au rapport d'évaluation a été publié en mars 2025.

⚗️ Constituants caractéristiques

Fleurs

  • Flavonoïdes : rutine, quercétine, kaempférol et autres composés proches.
  • Acides phénoliques : acide chlorogénique et autres composés phénoliques.
  • Mucilages : polysaccharides adoucissants.
  • Huile essentielle : fraction aromatique en faible quantité.

Baies

  • Anthocyanes : cyanidine-3-glucoside, cyanidine-3-sambubioside — famille étudiée pour ses propriétés antioxydantes.
  • Flavonoïdes et acides phénoliques : autres composés antioxydants.
  • Vitamine C : présente en quantité variable selon la maturité.
Toxicité essentielle à connaître : les fruits crus ou insuffisamment mûrs, ainsi que certaines parties de la plante — notamment les feuilles, tiges, écorce et racines — peuvent contenir des glycosides cyanogènes susceptibles de libérer du cyanure. Une cuisson et une transformation appropriées réduisent ce risque. Les fleurs séchées ne présentent pas ce risque dans les usages courants.

🎯 Systèmes de prédilection

🫁 Respiratoire · fleur

Usage traditionnel européen pour le soulagement des premiers symptômes du rhume, chez l'adulte et l'adolescent de plus de 12 ans.

🌡️ Diaphorétique · fleur

La fleur est traditionnellement associée aux contextes fébriles et respiratoires, dans une optique de soutien lors des refroidissements saisonniers.

🛡️ Immunitaire · baies

Les baies cuites ont fait l'objet de plusieurs essais cliniques sur certains symptômes d'infections respiratoires, mais l'EMA n'a pas adopté de monographie européenne pour le fruit.

🧪 Qualité & sécurité

La distinction fleur/fruit et la maîtrise de la cuisson des baies sont essentielles. Les fruits crus ou insuffisamment mûrs et les parties végétatives ne doivent pas être consommés.

🔬 Propriétés & niveaux de preuve

Symptômes respiratoires Fleurs · usage traditionnel EMA Baies cuites · essais cliniques Preuves incertaines

Baies — symptômes d'infections respiratoires : plusieurs essais cliniques ont exploré l'effet de préparations de baies de sureau sur certains symptômes d'infections respiratoires, comme la grippe.

Certains essais et synthèses ont rapporté une diminution possible de la durée ou de l'intensité de certains symptômes, tandis que les résultats globaux restent hétérogènes. Les préparations étudiées diffèrent fortement par leur composition et leur standardisation. Il faut surtout distinguer ces recherches du statut réglementaire européen : le HMPC a évalué le fruit, mais n'a pas adopté de monographie européenne pour Sambuci fructus. Un Public Statement a été publié.

Fleurs — usage traditionnel : l'usage traditionnel des fleurs en infusion dans les contextes fébriles et respiratoires repose principalement sur la tradition herboriste et sur la présence de flavonoïdes et de mucilages. Il est reconnu comme usage traditionnel dans les monographies européennes, sans que cela constitue une démonstration clinique d'efficacité.

Autres usages : d'autres emplois du sureau existent dans différentes traditions et produits commerciaux. Ils ne doivent pas être extrapolés à partir de la monographie EMA de la fleur ni des essais cliniques réalisés avec certaines préparations de baies.

Point important : le sureau n'est pas un traitement démontré de la grippe, ni un substitut de la vaccination ou d'une prise en charge médicale adaptée. En cas de symptômes graves, persistants ou inhabituels, une évaluation médicale est nécessaire.

✦ Niveau de connaissance actuel

Tradition documentée La fleur possède un usage traditionnel européen documenté pour les premiers symptômes du rhume ; ce statut est distinct des données concernant les baies.
Données cliniques — baies Plusieurs essais et revues ont étudié des extraits de baies, mais les préparations et résultats sont hétérogènes. L'EMA n'a pas adopté de monographie pour le fruit.
Fleur — statut réglementaire distinct Usage traditionnel EMA pour les premiers symptômes du rhume ; la révision 2 de la monographie est actuellement en cours.
Prudence — glycosides cyanogènes Les fruits crus ou insuffisamment mûrs, ainsi que d'autres parties de la plante, peuvent contenir des glycosides cyanogènes. La cuisson et la transformation réduisent ce risque.

🧴 Formes et préparations

  • Infusion de fleurs séchées : usage traditionnel dans les contextes fébriles et respiratoires.
  • Sirop de baies : préparation transformée à base de baies cuites et sucrées.
  • Extrait sec de baies (gélules) : formes concentrées commerciales, dont la composition dépend du produit.
  • Extraits liquides / hydroalcooliques : préparations dont le rapport d'extraction, le solvant et la partie végétale doivent être précisés.
  • Produits composés : sirops, pastilles ou mélanges respiratoires ; leur posologie dépend de la formule complète.

📏 Utilisation & repères

Infusion · fleurs séchées

2–5 g de fleurs fragmentées dans environ 150 ml d'eau bouillante, 3 fois par jour, chez l'adulte et l'adolescent de plus de 12 ans (monographie EMA adoptée).

Sirop · baies cuites

Préparation transformée. La composition et la posologie dépendent du produit.

Extrait sec de baies

La composition dépend du produit et de sa standardisation.

Durée · fleur

Si les symptômes persistent plus d'une semaine pendant l'utilisation, ou s'aggravent, demander un avis professionnel.

Remarque : les préparations de sureau ne sont pas interchangeables. Les fleurs, les baies cuites et les extraits concentrés correspondent à des objets différents, avec des profils et des niveaux de preuve distincts.

⛔ Précautions

  • Fruits crus ou insuffisamment mûrs : éviter les fruits non mûrs et les préparations artisanales crues dont la matière première et le procédé ne sont pas maîtrisés. La cuisson ou une transformation appropriée réduit les constituants cyanogènes.
  • Feuilles, tiges, écorce, racines : ces parties du sureau ne doivent pas être consommées.
  • Enfants : l'usage médicinal de la fleur couvert par la monographie EMA n'est pas recommandé chez les moins de 12 ans.
  • Diabète : certains sirops contiennent du sucre. Préférer une autre préparation ou vérifier la composition.
  • Grossesse et allaitement : pour l'usage médicinal de la fleur couvert par la monographie EMA, la sécurité n'est pas établie et l'utilisation n'est pas recommandée faute de données suffisantes. L'usage alimentaire n'est pas équivalent à un extrait médicinal concentré.
  • Symptômes importants ou persistants : fièvre élevée, difficultés respiratoires, symptômes persistants : consulter un professionnel de santé.
  • Traitements médicamenteux : en cas de traitement concomitant, demander conseil à un médecin ou à un pharmacien.
Important : le sureau est une plante traditionnelle précieuse dans certains contextes, mais sa manipulation doit respecter des règles strictes concernant les parties utilisées et la cuisson des fruits. En cas de doute, un avis professionnel est recommandé.

✦ Le regard Infusanté

Le sureau est un très bon exemple de plante dont les parties utilisées et les préparations ne sont pas interchangeables. Les fleurs, les baies cuites et les extraits concentrés correspondent à des usages, des profils et des niveaux de preuve différents.

Il illustre également l'importance d'une distinction claire entre tradition et donnée clinique : certaines préparations de baies ont fait l'objet d'essais cliniques sur les symptômes d'infections respiratoires, mais les résultats sont hétérogènes et les preuves restent incertaines.

Enfin, le sureau rappelle à quel point la sécurité d'usage fait partie intégrante de la connaissance d'une plante : les fruits crus ou insuffisamment mûrs, ainsi que d'autres parties de la plante, peuvent contenir des glycosides cyanogènes, ce qui impose des précautions de préparation.

Sur Infusanté, nous préférons poser la question : quelle partie, quelle préparation, pour quel usage, et avec quel niveau de preuve ?

📚 Références principales

  • EMA/HMPC — Monographie européenne sur Sambucus nigra L., flos (fleur de sureau), révision 1. Usage traditionnel pour les premiers symptômes du rhume. Révision 2 en cours ; addendum au rapport d'évaluation publié en 2025.
    Consulter l'EMA
  • EMA/HMPC — Sambucus nigra L., fructus : Assessment Report et Public Statement. Évaluation finalisée sans adoption d'une monographie européenne pour le fruit.
  • Wieland L.S., Piechotta V., Feinberg T., et al. (2021). Sambucus nigra for the treatment of influenza and other viral respiratory infections. Revue systématique — preuves incertaines.
  • ESCOP Monographs — Sambuci flos.
  • WHO Monographs on Selected Medicinal Plants — Sambucus nigra.
  • Commission E (Allemagne) — Holunderblüten et Holunderbeeren.
  • Office of Dietary Supplements (NIH) — Elderberry. Données de sécurité, toxicité des fruits crus et des autres parties de la plante, et effet de la cuisson.
Lecture des sources : les données traditionnelles, réglementaires, précliniques et cliniques ne représentent pas le même niveau de preuve. Elles sont volontairement distinguées dans cette monographie.
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Les plantes accompagnent et soutiennent, mais ne remplacent ni un diagnostic ni un suivi médical. La tradition herboriste, la réglementation et les connaissances scientifiques n'offrent pas toujours le même niveau de certitude : Infusanté cherche à rendre cette distinction visible.

Infusanté · Entre tradition herboriste et regard scientifique